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 Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]

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Rainer Alsbach



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MessageSujet: Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]   Mer 23 Nov - 17:52


Ah, la famille... ♥
Cette journée aurait pu être une journée des plus ordinaires : un temps maussade si typique de l’Allemagne en fin d’automne, un milieu de semaine tranquille et un jeune homme affairé à faire le ménage dans sa garçonnière. Quoi de plus normal, me demanderez-vous ? Peut-être tout bonnement le fait que ce garçon était tout sauf ordinaire voyez-vous. Il s’agissait de Rainer Alsbach, un des descendants de la plus riche famille de la ville. Dans le coin, tout le monde connaissait les Alsbach et leur histoire. Depuis la mort de Klaus, le patriarche de la famille, une petite-fille illégitime avait hérité du magot et en avait reversé la quasi-totalité à des bonnes œuvres. Un outrage pour les autres membres de la famille qui croyaient au moins raflé une partie du gateau. Depuis lors, bien d’étranges événements se sont déroulés en ville, et une sorte de tension pèse sur cette-dernière, coincée dans un conflit d’intérêt sans précédent.

Néanmoins, nous n’allons pas parlé ici des querelles que la famille du jeune professeur entretient avec Eliza Garnier, l’héritière illégitime. Bien qu’happé par l’influence de sa famille Rainer ait commis quelques écarts au lycée à l’intention de sa cousine, il tentait depuis de s’en détacher. Il voulait mener sa propre vie, être à son compte, construire son avenir de ses propres mains sans avoir en permanence une cuillère d’argent dans la bouche. Certes il avait bien profité de l’argent familial durant sa jeunesse, mais désormais, il tente de changer ses habitudes et de mettre de l’argent de côté. Essayez un peu d’imaginer à quel point cela est difficile pour un gosse de riche de se mettre à faire des choses qu’il n’a jamais faites ? Economiser, passe encore, il peut le faire comme son père peut le dépanner s’il ne veut pas toucher à son second compte, mais pour les tâches ménagères, c’était une toute autre histoire…

Le jeune blond aux yeux noisettes avait attendu que son frère parte au travail pour pouvoir enfin commencer à nettoyer leur petite maison – qui n’était avant leur arrivée qu’un simple pavillon de chasse non loin de la propriété principale de la famille. Ils en avaient évidemment re-décoré l’intérieur à leur goût et fait de gros aménagements pour se sentir bien dans leur nouveau chez eux. Selon Rainer, cet endroit était pour lui une étape entre son passé sous emprise familial et son avenir de liberté dont il rêvait sans cesse bien qu’il en soit encore très loin. Imaginez donc deux garçons vivant au même endroit - qui plus est des gosses de riches ayant une touffe de poils dans chaque main tant les tâches ménagères les rebutaient -, ça donnerait quoi ? En fait, comme ils n’étaient pas très bordéliques, il n’y avait pas grand-chose à nettoyer, mais pour la partie à laver, c’était une autre paire de manches… Rainer avait épousseté, astiqué, récuré grossièrement tout le salon, la salle de bain et la cuisine. Il avait aussi fait un peu de vaisselle et tenté de faire du repassage sans grand succès étant donné qu’il avait brûlé une belle chemise blanche.

Néanmoins vous devez vous demander qui donc le jeune homme attendait pour donner un aussi gros coup de chiffon à sa demeure ? Je vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas le moins du monde de sa fiancée bien au contraire. D’ailleurs il n’en a pas, il n’est pas du genre à rester avec une même personne bien longtemps après tout. Non, c’était sa cousine qu’il attendait. Oui, oui, Elizabeth Garnier, la fille illégitime, vous avez bien entendu. Pourquoi ? Justement pour son avenir. Depuis quelques mois Rainer travaillait en tant que professeur d’Histoire et de Philosophie à son ancien établissement. Il trouvait cependant les revenus bien modestes à son goût, malgré qu’il travaille dans un établissement de renom et que son salaire faisait partie des plus élevés du lycée. Histoire de mettre plus d’argent de côté, il envisageait de faire quelques heures de cours particuliers à des élèves en difficultés ou en soif d’apprendre et c’était donc renseigné auprès d’une annonce qui avait accepté sa candidature à bras ouverts. Il lui manquait pourtant un document très important pour finaliser son début de contrat et ainsi lui permettre d’arrondir ses fins de mois, et pas n’importe lequel : le certificat de son Abitur. Son certificat du secondaire en somme, son baccalauréat qui certifiait de ses mentions et de ses notes. Il l’avait oublié dans la résidence après la mort de Klaus. Il avait en effet déjà envoyé des photocopies pour ses études au moment où sa famille fut délogée de l’académie.

Depuis lors il avait tenté plusieurs fois de joindre sa cousine. Elle lui avait raccroché au nez quelques fois – quoi de plus normal avec un de ses anciens bourreaux ? – mais Rainer s’était accroché et avait finit par lui parler de son problème de documents. Il lui avait donné rendez-vous en ce jeudi après-midi à son habitation, mais en sentant que sa cousine y était réticente, il la pria de le faire, c’était très important pour son avenir, de plus pour lui montrer sa bonne foi il lui avait affirmé que personne de la famille ne serait là. Il leur avait en effet donné l’emploi du temps des membres de la famille dont il savait qu’Eliza se méfiait, mais peut-être pas tous comme il ne savait pas vraiment de qui elle avait peur… Il lui dit donc que son frère était en mission pour la journée, que son père était à son hebdomadaire réunion entre fans de golf et que Dirk et Magda étaient sans aucun doute au tribunal pour l’un et sur une enquête de terrain pour donner son avis concernant l’autre. Sur cela, il avait raccroché en lui demandant une nouvelle fois humblement de venir le rejoindre la veille et avait sur ce validé l’heure du rendez-vous.

Il était 16h, elle n’allait pas tarder à arriver, du moins si elle daignait venir. Après tout Rainer n’avait aucune certitude qu’elle vienne bien au rendez-vous vu leur passé tumultueux et les tensions qui régnaient toutefois entre eux. Cependant, le jeune homme voulait y croire. Aussi en voyant l’heure du rendez-vous apparaitre sur sa montre, il se décida à aller guetter l’éventuelle arrivée de sa cousine à l’extérieur de son pavillon, malgré le temps pluvieux qui menaçait de s’abattre sur la région d’un moment à l’autre.


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Eliza Garnier



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MessageSujet: Tout ça pour un bout de papier... [Pv Rainer Alsbach]   Dim 15 Jan - 19:50


C'est comme arracher un pansement!


Pour la première fois de sa vie, Eliza conduisait très nerveusement sur la route. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle s’était arrêtée sur le bas-côté pour respirer un grand coup avant de repartir. La raison de son humeur était liée à un papier soigneusement rangé dans une pochette plastifiée. Cependant, ce n’était pas le tampon estampillant l’obtention du diplôme ni le nom de l’établissement où il avait été obtenu qui l’agaçait.

C’était le nom du propriétaire qui était l’objet de sa nervosité. En effet, il s’agissait de celui du seul et inimitable prénommé : Rainer Klaus Rex Alsbach. Ce cousin biologique, complice des tourments de son adolescence, l’avait contactée au manoir à de nombreuses reprises. Craignant de nouvelles revendications ou des menaces au sujet de son installation dans la demeure Alsbach, elle n’avait cessé de raccrocher et avait même songé à débrancher la ligne. Elle avait néanmoins fini par répondre car elle avait la hantise de les voir débarquer et d’être entrainée dans un pugilat. Or elle n’était pas assez musclée pour s’opposer seule à eux et ne projetait pas d’envoyer ses élèves, telle une armée barbare, pour en finir avec eux.

Elle se remémorait les différentes humiliations et les brimades qui s’étaient déroulées durant ses années de lycée. Le regard méprisant de chacun des membres de cette famille maudite. La mine suffisante de Ulrich se superposait au visage malsain du patriarche, elle repensait aux manigances de Dirk, au harcèlement de Magda et à la nonchalance de Rainer lui-même. Bien qu’il ait toujours été un peu en marge il restait à l’image de cette famille et elle craignait toujours quelque ruse de sa part.

Elle tenta de se détendre et sentit les larmes couler tandis que ses mains se mettaient à trembler sur le volant. Décidément cette famille était capable de la briser de l’intérieur en peu d’actes mais elle ne pouvait pas se laisser déstabiliser. Elle essuya son visage d’un geste rageur et accéléra. Plus questions de perdre de temps, elle voulait en finir avec cette corvée et retrouver ses élèves et ses amis.

Elle apercevait déjà la grille en fer forgé de la résidence. Elle ralentit et s’arrêta devant l’entrée, elle scruta les lieux pour vérifier si son cousin ne lui avait pas menti. Il semblait avoir dit la vérité, le 4X4 de Magda n’occupait pas l’allée de graviers devant l’entrée principale, Dirk n’était pas en train d’humilier des employés et, si Ulrich avait vu sa voiture se présenter, il l’aurait déjà harcelée.

Elle ouvrit la vitre et sentit une bise fraiche s’engouffrer dans le véhicule. Elle sonna et déclina son identité au domestique qui lui répondit à l’interphone. Il lui indiqua que Rainer se trouvait dans le pavillon de chasse, en cachant en vain sa surprise après avoir entendu de qui il s’agissait. Il était fort probable que personne ne pensait qu’elle reviendrait un jour en ces lieux.

Le métal grinça à l’ouverture et la voiture de la jeune femme pénétra dans la cage aux lions. Elle se dirigea sans hésitation vers le pavillon qu’elle connaissait bien puisqu’elle y avait vécu un souvenir mémorable avec Emerick sous le nez de son grand-père. Elle sourit en pensant à la tête que ferait les jumeaux s’ils l’apprenaient.

Elle coupa le contact et jeta un coup d’œil dans le rétroviseur pour vérifier son apparence. Elle avait sans doute changé : ses cheveux étaient plus longs, son regard avait davantage d’assurance et elle était vêtue d’un long trench gris qui laissait voir le col de sa chemise immaculée ainsi que le début du nœud de sa cravate. Ses bottes noires qui montaient jusqu’aux genoux et sa robe à motifs écossais qui les laissait découverts allaient sans doute lui attirer des regards. En effet, ce genre de tenues était à proscrire du temps de la gloire de Klaus.

Elle descendit du véhicule tout en s’emparant de son sac et de la précieuse pochette. Les graviers crissèrent sous ses pas. Elle venait de claquer sa portière lorsqu’il vint à sa rencontre. Il n’avait pas changé toujours la même posture remplie d’assurance et un look impeccable. Parfois elle songeait qu’ils auraient pu être proches s’ils n’avaient pas été de la même famille. Elle était pressée d’en finir.

« Bonjour Rainer, dit-elle d’un ton qu’elle voulait neutre, je t’ai apporté ce que tu m’avais demandé. Je pense que nous pouvons nous éviter un maximum de mondanités étant donné les circonstances. »

Elle reprit son souffle et lui tendit la pochette. Elle gardait sa contenance et s’astreignait à montrer un visage serein mais elle sentait que son pied, dont le talon tapotait presque imperceptiblement le sol, pouvait la trahir. Le silence les entourait mais elle craignait de voir revenir les autres membres de la famille à tout moment.

« Il me semble que tu vas bien et je suis en excellente forme moi-même, alors si tu veux bien vérifier les documents je pourrais quitter les lieux s’il ne manque rien. »

Son débit rapide était mauvais signe, il fallait qu’elle se reprenne. Elle inspira profondément et esquissa un sourire.

« Si tu as des questions autres que : est-ce que tu vas nous rendre le manoir, je suis également prête à te répondre. D’ailleurs… »

Une idée venait de traverser son esprit et elle se dit que c’était l’occasion ou jamais.

« J’ai moi-même, je l’avoue, une question que je souhaite te poser s’il te plaît ».

Elle avait dit la formule de politesse en français car comme toujours c’était sa langue maternelle qui était ressortie en raison de sa nervosité.

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Rainer Alsbach



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MessageSujet: Re: Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]   Ven 27 Jan - 20:51


Ca va pas être du gâteau...
Bientôt le bel Allemand vit la voiture d’Eliza se profiler à l’horizon de la grille de son pavillon. Il la vit s’arrêter en un premier temps sur le bas-côté et se douta qu’elle vérifiait bien que les autres ne squattaient pas le petit parking de gravillons. Il poussa un petit soupire face à son comportement de petit chat apeuré. D’un côté cette attitude faisait sourire le blondinet, mais d’un autre cela l’attristait. Après tout n’était-ce pas malheureux qu’elle doive vérifier qu’il n’y ait aucun danger pour s’approcher de la résidence de son cousin de sang ? C’était déprimant, bien que des plus compréhensifs du fait de toutes les misères que lui et son jumeau lui avaient fait subir à son arrivée en Allemagne. Tout ce qu’il espérait maintenant, c’était finir par enterrer la hache de guerre grâce à son merveilleux don de persuasion. Enfin, au vu du caractère déterminé de sa cousine, c’était pas gagné…

Le pavillon était bien protégé par des grillages sous vidéos surveillance avec une petite dizaine de gardes du corps qui patrouillaient jour et nuit avec leurs magnifiques toutous : Bergers Allemands évidemment ! Mais toute cette marmaille n’était pas présente pour Rainer. Non, c’était surtout les gardes du corps de son frère, l’héritier de sang de la famille Alsbach. Comme quoi il assurait très bien ses arrières le frérot ! Enfin, cela n’effraya pas plus que cela Eliza qui finit par rentrer dans la cage aux lions tandis que le blondin reçut un SMS de la part de la personne qui s’occupait de l’interphone, annonçant qu’Elizabeth se présentait à lui. Il imaginait déjà la tête que devait tirer cette personne de l’autre côté du téléphone et en eut un sourire moqueur.

C’est alors que le véhicule de sa cousine s’arrêta dans un crissement de graviers. La belle petite demoiselle qui tenait à sa nationalité Française se présenta dans une tenue des plus colorées et étonnantes à son cousin. A l’époque où Klaus était encore de ce monde, cette tenue aurait été lourdement critiquée si ce n’est pire. Cela fit donc hausser un sourcil perplexe au cousin à peine plus âgé qu’elle qui la regarda s’avancer vers lui d’un pas qui se voulait assurer. Ce qui était sûr en tout cas c’est qu’elle était tendue, très tendue. Elle lui remit rapidement les documents demandés, lui parlant d’un ton sec et rapide, traduisant nettement son malaise de se trouver en cet endroit à ce moment précis. Le jeune homme vérifia qu’il s’agissait bien de son diplôme d’instituteur, ce qui le soulagea instantanément avant que la demoiselle -dont le talon tapait frénétiquement le sol- ne reprenne la parole en exprimant ouvertement son désir de partir au plus vite de la résidence. Le jeune homme prit alors un air désolé et théâtral pour lui répondre sur le ton de la rigolade.


« Ma pauvre amie, si tu savais à quel point je souffre de cette maladie tu ne me tiendrais pas des propos aussi blessants !... »

Rainer feint alors d’essuyer une petite larme pour conclure sa tirade. Son objectif : dérider la belle jeune femme qui était bien trop stressée à son goût. Elle se remit alors à parler des débats familiaux auxquels le jeune homme ne portait aucun intérêt. Il poussa alors un profond soupire pour exprimer sa lassitude d’entendre parler de ces histoires qui lui tapaient littéralement sur le système. Elle ne pouvait pas imaginer à quel point son frère lui cassait les oreilles tous les soirs à ce sujet ! Ce n’était donc pas le genre de discussion que le jeune homme avait envie d’avoir avec sa cousine.

« Crois-moi, c’est pas moi qui vais te demander de me parler de ces histoires de paperasse ! Non seulement je m’en contre-fiche mais en plus mon cher frérot ne parle que de ça à longueur de journée ! » lui répondit-il en levant les yeux au ciel.

Elle finit par lui demander à son tour si elle pouvait lui poser une question, finissant sa phrase en Français. Le blondinet haussa un sourcil étonné par cette demande avant d’étirer un sourire moins assuré sur ses lèvres. Il indiqua le chemin de la porte de son pavillon de chasse, devenu sa demeure récemment avec un large sourire.

« Bien sûr. » Commença-t-il en un Français germanisé. « Mais suis-moi donc à l’intérieur pour en discuter, il fait frisquet ici. Et puis j’ai un chocolat au caramel à te proposer dont tu me donnera des nouvelles ! »

Le jeune homme reprit sa gaieté en offrant son bras à la jeune femme, attendant un moment avant de comprendre que le chaton sauvage n'était pas décidé à desserré les griffes de sitôt. Il poussa alors un nouveau soupire légèrement attristé, se demandant intérieurement comment la rendre moins tendue. D'un autre côté accorder sa confiance à l'un de ses anciens bourreaux n'était sans doute pas une chose facile pour elle, si ce n'était pas tout simplement impossible. Il posa son index entre ses deux sourcils, fronçant ces derniers en cherchant un moyen quelconque de la rassurer. Il finit par laisser tomber ses armes de séduction et mettre les mains dans les poches de son pantalon, scrutant sa cousine d'un air blasé.

« Soit. Tu ne veux pas rentrer. Alors qu’est-ce que tu me veux ? »

Le ton du jeune homme était un tantinet plus sec et agacé par rapport à la jovialité qu'il lui avait montré auparavant. Il n'aimait pas qu'on lui résiste, qu'importe de quelle manière. Il planta alors son regard flamboyant dans celui de la jeune femme, d'un air provocateur sans vraiment le vouloir. Il comprenait qu'elle ne lui fasse pas confiance. Cependant elle avait bien constaté qu'il n'y avait aucun membre de la famille au sein de la demeure, alors pourquoi diable était-elle donc aussi têtue?! Pour ça, elle tenait du caractère de Klaus, quoi qu'elle en dise!

« Tu vois bien qu’il n’y a personne à part nous deux et les sous-fifres de mon frère ici ! Alors pourquoi restes-tu bloquée sur ta défense ? Nos différents datent d’il y a des années Elizabeth, j’en ai rien à faire de l’héritage moi. »

Il avait tout dit. Bien qu'un peu énervé, il n'avait pas perdu son sang-froid. Cependant, il n'avait rien d'autre à ajouter.


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Eliza Garnier



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MessageSujet: Re: Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]   Lun 12 Mar - 0:12




Face à elle, Rainer commença son numéro dramatique. Un regard larmoyant et des plaintes se succédaient. Tout cela avait toujours profondément agacé et lassé Eliza. Cette nonchalance de la part de celui qui se mettait au garde-à-vous à chaque fois qu’Ulrich ou Dirk en faisait la demande montrait pour la jeune femme tout le côté hypocrite et intéressé de cette famille. Il n’avait aucune leçon à lui donner sur la façon de se conduire. D’autant plus qu’il n’avait pas été le dernier à lui rendre la vie difficile, alors qu’elle se trouvait dans une situation qu’elle n’avait jamais demandé.

Les soupirs reprirent et Eliza se dit mordit la langue en regrettant déjà d’avoir entamé un embryon de conversation avec son « cousin ». Elle aurait vraiment dû limiter ses efforts ! Décidément, ses parents lui avaient inculqué une trop bonne éducation qui lui imposait de respecter certaines convenances en toutes circonstances. Ironiquement, cela lui avait beaucoup servi dans la vieille société allemande et elle n’avait jamais été déstabilisée en soirée bien que cela soit différent des réceptions à l’ambassade, qui étaient bien plus joyeuses.

« Crois-moi, c’est pas moi qui vais te demander de me parler de ces histoires de paperasse ! Non seulement je m’en contre-fiche mais en plus mon cher frérot ne parle que de ça à longueur de journée ! »

Et il leva les yeux au ciel. Elle songea que parfois il était assez grossier et que, finalement, même s’ils s’étaient rencontrés en d’autres circonstances, leurs rapports auraient été empreints de tension.

Voilà une fois de plus la mise en scène de Rainer l’avait fait dériver voire être légèrement incohérent dans ses propos. Eliza venait de lui demander s’il y avait bien tout ce qu’il lui avait demandé et lui pensait qu’elle était intéressée par des papiers concernant la famille. Les remarques des anciens enseignants du jeune homme se confirmaient. Rainer aurait pu surpasser son frère si sa théâtralité ne l’avait pas déconcentré.
Elle se demandait ce qu’il avait dans la tête parfois et faillit lâcher une exclamation tonitruante lorsqu’elle entendit sa proposition. Un chocolat ? Est-ce qu’il était devenu fou ou était-il moins malin qu’avant ?

Il lui proposait de se jeter dans la gueule du loup pour boire une boisson qu’elle exécrait. Elle détestait le caramel dans son chocolat, ce qui le rendait sucré jusqu’à l’écœurement. Les « enfants » de la famille Alsbach y avaient été habitués et ne pouvaient se passer du breuvage.

Elle se rappelait de la première fois où on le lui avait servi et de l’indignation des regards face à sa mine dégoutée. Elle avait malgré tout réussi à obtenir gain de cause en utilisant, pour la seule et unique fois de toute sa vie, l’appui du patriarche.

Eliza fut tirée de ses pensées par le bras que lui offrait son cousin pour le suivre à l’intérieur et qu’il tendait devant elle. Non elle ne rentrerait, elle voulait partir. C’était vraiment incroyable que Rainer ne puisse le concevoir. Celui qui s’était joint à la menace collective, lorsqu’elle avait pris la décision de leur fermer la maison principale, semblait être aujourd’hui frappé d’amnésie. Où voulait-il donc en venir ?

Il semblait maintenant vraiment contrarié par son refus et Eliza pouvait sentir toute la tension qui habitait son être. Il était scandalisé par les réticences de la jeune femme et se présentait comme la victime d’un courroux injustifié.

« Tu vois bien qu’il n’y a personne à part nous deux et les sous-fifres de mon frère ici ! Alors pourquoi restes-tu bloquée sur ta défense ? Nos différents datent d’il y a des années Elizabeth, j’en ai rien à faire de l’héritage moi. ».

Cela en était trop pour Mademoiselle Garnier. Elle explosa donc… D’un rire tonitruant. Un fou rire involontaire et incontrôlable la parcourait, c’était d’ailleurs bien la première fois qu’un membre de la famille Alsbach devait l’entendre rire aux éclats et afficher si peu de retenue.

Puisqu’il voulait crever l’abcès, autant se lancer. Elle respira un grand coup devant l’air atterré de Rainer. Elle se plaça face à lui, les bras croisés et l’air déterminé.

« Navrée pour ce petit débordement, elle inclina légèrement la tête plus par défi que par politesse, mais j’avoue que tes problèmes de mémoire sont tout simplement risibles. »

Elle insista sur le dernier mot, son ton était froid. Elle l’aurait souhaité glacial. Elle espérait ne pas ressentir de tremblements dans la voix par la suite. Elle afficha un visage neutre et reprit la parole.

« Certes cela fait cinq ans que vous avez quitté la demeure principale, mais tes paroles de bon petit toutou qui a suivi le groupe n’ont pas quittées mon esprit. »

Elle soupira et hocha la tête de désapprobation.

« Franchement Rainer ! A quoi t’attendais-tu en me faisant venir ici ? Tu croyais quoi ? Qu’on allait se sauter dans les bras et tourner sur une musique remplie d’émotion ! »

Elle ne put réprimer un sourire en imaginant le comique et le décalage de la scène. Elle vit même Ulrich s’évanouir en les voyant, tandis que Dirk aurait retenu Magda qui aurait voulu se jeter sur elle.

« Remarque la scène aurait valu le détour surtout avec des spectateurs mais contrairement à vous je n’apprécie guère jouer avec les nerfs des gens. Je ne suis pas du genre ni à, elle joignit le geste à la parole et commença à décompter les éléments avec les doigts, remplir un casier de détritus, changer la clef d’une chambre à coucher, empêcher quelqu’un de se rendre à ses examens, malmener d’autres personnes en leur conseillant de quitter les lieux, les menacer d’accidents ou encore… »

Ses yeux se mirent à briller d’une lueur intense et elle sentit un sentiment fort s’immiscer à nouveau en elle. Le même que celui qu’elle avait ressenti lorsqu’elle s’était réveillée à l’hôpital après son accident et que Klaus lui avait appris la mort d’Emerick.

« Participer de près ou de loin au sabotage d’une voiture. »

Elle pinça les lèvres et reprit un visage impassible.

« Bref je ne suis pas ici pour parler du passé bien que j’apprécierais beaucoup le fait croiser nos proches en partant. Faire un salut de la main à Dirk face à son regard outré, envoyé un baiser à travers la vitre à un Ulrich courroucé ou, mieux encore, faire de grands signes amicaux à cette teigne de Magda me procureraient un plaisir sans précédent. »

Elle s’arrêta pour lui laisser le temps d’emmagasiner ce long monologue.

« Je t’ai apporté tes papiers donc j’aimerai savoir si tu as tout ou si tu vas m’imposer un autre périple et ensuite, elle déglutit. Parmi mes élèves, j’ai une dénommée Tresüre et il me semble avoir déjà été présentée à quelqu’un portant ce patronyme lorsque Klaus me faisait faire mon, elle mima des guillemets, entrée dans le monde. J'aimerai donc savoir si je me suis encore apportée un handicap en Allemagne »

Elle ouvrit les bras et esquissa une légère révérence, elle aussi avait un petit côté théâtral.

« Alors Herr Rainer, allez-vous me faire l’honneur de me répondre sans que je rentre en votre demeure ? »




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Rainer Alsbach



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MessageSujet: Re: Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]   Mer 21 Mar - 9:58


Le fou rire de sa cousine laissa Rainer totalement sans voix. Perplexe, face à l’amusement excessif de la demoiselle, il l’observait avec un regard empli de surprise. Mais plus le temps passait, plus l’agacement face à ce rire obsédant pointait le bout de son nez. Elle était en train de se foutre de sa gueule là, il ne rêvait pas, n’est-ce pas ? D’où est-ce qu’il avait des problèmes de mémoire ? Et comment se permettait-elle de se moquer éperdument de lui ? C’était elle la pièce rapiécée du tissu précieux de la famille aux dernières nouvelles. Il trouvait ses propos insultants et déplacés vu sa situation. Elle n’était même pas liée à la famille par l’union noble du mariage mais par la saleté du viol qu’avait commis son défunt grand-oncle à l’époque. Le jeune homme l’avait appris en lisant les journaux intimes de son grand père.

Alors comme ça lui c’était un bon petit toutou ? Il aurait bien aimé lui répliquer que dans la famille c’était lui la chienne qui avait emmerdé tout le monde, et pas lui. Mais il se contenta de ravaler ses paroles si tentantes. D’accord, il avait suivi l’effet de groupe comme un loyal soldat, mais avait été outré lorsque son cousin Dirk lui avait confié que la famille avait organisé l’assassinat du petit-ami d’Eliza, quoi qu’elle en pense. Oui, il n’était pas du genre à chercher à nuire à autrui autrement Il soupira donc fortement avant de croiser les bras fermement contre son torse, les poings serrés en évidence sur ses bras en écoutant la suite.

Certes il ne s’attendait pas à une quelconque effusion de joie de la part de sa cousine, bien au contraire. Non mais il aurait apprécié un peu moins de glaceur. Après tout cela ne l’aurait pas tué de lui accorder un tant soit peu de son temps autour d’un café, d’un chocolat ou même d’un thé voire un verre d’eau ! Pourtant cela ne l’empêchait pas de venir pour l’insulter en plus de lui rappeler son comportement passif.


« Peut-être pas à ce point mais un minimum de sympathie dû au fait que justement le temps a passé depuis notre départ de la résidence m’avait traversé l’esprit. »

Il insistait à son tour sur le justement, pour appuyer les propos de sa cousine tout en les retournant contre elle. Après tout si elle faisait la maligne, il pouvait très bien le faire aussi. Il n’aimait pas qu’on lui tienne la tête et encore moins qu’on le contrarie, il écouta cependant les paroles de sa cousine qui ignorait éperdument ses commentaires. Elle lui rappela ainsi en détails les tourments que lui et son frère avaient pu lui causé lors de sa venue en Allemagne et son titre d’héritière volé à Ulrich. Honnêtement, il n’en était plus très fier maintenant, il avait changé depuis cette époque frivole de l’adolescence. Mais selon ce qu’il put en juger, sa cousine, elle, n’avait rien n’oublié et le jeune blond s’en serait presque senti honteux… Jusqu’à ce qu’elle l’accuse subtilement par un sous-entendu d’avoir été mêlé à l’histoire de la voiture piégée du professeur. Alors à cet instant, Rainer sortit de ses gongs et failli même sauter sur sa cousine en s’écriant.

« J’ai rien à voir à cette histoire moi ! Je l’ai su qu’après, je savais même pas qu’elle avait été sabotée d’abord alors arrête avec tes sous-entendus mal placés ! »

Une fois encore elle ne l’écouta pas et éluda le sujet alors qu’il serrait les dents pour ne pas cracher son venin sur la demoiselle alors qu’elle se jouait ouvertement de son jumeau, son cousin et sa belle-cousine. Il tenta alors de se contenir à nouveau en plaquant une paume de main désobligée sur un visage fatigué alors qu’il tentait d’écouter avec le plus d’attention possible les récits de sa voisine.

Lorsqu’elle mentionna le nom de Tresüre suite à leur échange houleux au sujet de leurs précédents, Rainer ne put s’empêcher de laisser paraitre une mine consternée. D’où lui venait cette envie de passer du coq à l’âne sans raison valable ? Désorienté, le jeune homme leva les yeux au ciel, se demandant encore si sa cousine avait une quelconque logique dans son esprit avant de planter son regard atterré et blasé dans les orbes bleus de sa cousine de sang.


« J’ignorais que tu avais une mémoire d’Eléphant Eliza. Effectivement la famille Alsbach a toujours eu des liens profonds avec la famille Tresüre, d’où leur présence à nos soirées mondaines et nous aux leurs. Le hic c’est qu’après le décès de l’oncle Klaus les tensions ont commencé à émerger entre nos familles, ce qui fait que nous sommes désormais ennemis et nous méprisons au plus haut point. »

Agacé par le comportement de sa cousine envers un Alsbach de sang pur, il s’avança vers elle du haut de son mètre quatre-vingt-trois, soulignant encore plus la large différence de taille entre les deux jeunes gens. Il s’étonnait toujours de savoir qu’une si petite femme avait réussi à se faire une place de directrice d’établissement. Enfin, c’était toujours plus facile quand on volait subtilement l’argent des autres. Il plongea alors ses poings dans ses poches, en continuant son approche de dominant alors qu’il l’observait de toute sa petite taille. Le blondinet n’avait pas apprécié le petit jeu de sa cousine et comptait bien la remettre à sa place un peu comme avant. Il n’était plus le Rainer d’aujourd’hui, lorsqu’il perdait le contrôle, il redevenait facilement celui d’avant, celui qui avait maltraité Eliza à son arrivée en Allemagne.

« C’est sûr que d’apprendre qu’une fille illégitime allait reprendre le flambeau les a rendu bien hilares les Tresüre, se moquant ouvertement de mon frère destitué sournoisement de sa future fortune. Enfin, je pense que tu connais bien l’identité de cette petite demoiselle à la bouille d’ange, n’est-ce pas ? »

Ses paupières se plissèrent dans un regard mesquin. Si elle voulait se jouer de lui, elle était mal tombée. Rainer n’appréciait pas cela, et quand bien même son attitude envers Eliza risquait de tendre encore plus leurs rapports, il s’en fichait éperdument, oubliant presque la question de sa cousine sur cette fameuse Tresüre qui c’était incrusté au sein de son établissement et qu’il connaissait on ne peut mieux. Quoi ? Il n’allait quand même pas lui faire le plaisir de répondre à une telle question, il risquait de mettre dans de beaux draps sa chère et tendre Abi et qui plus est se compromettre aux yeux des autres membres de sa famille qui avaient toujours méprisé la demoiselle. Non, mieux valait se taire sur le sujet et pousser la petite Française dans ses retranchements, puisqu’apparemment c’était ce qu’elle désirait.
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Tout ça pour un bout de papier... [Pv Elizabeth Garnier]

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